Le cigare : origine et idées reçues

C’est en l’an de grâce 1492 que Christophe Colomb découvrit à son arrivée à Cuba, des indigènes respirant la fumée émanant de la combustion de plantes. Fort intrigué de sa découverte, il décida de la ramener sur le continent et introduisit ainsi le tabac en Occident et initiant ainsi la légende du cigare.

cohiba

La provenance du terme « cigare » n’est pas clairement définie. Cependant, certains écrits du XVe siècle parlent de « tabaco » et « cohiba », mais c’est le terme maya « segar » qui entraîne vraisemblablement la terminologie d’origine espagnole : « cigarro ».

De même une petite anecdote à propos du terme « Havane » : Un document officiel datant de 1799 de la Junta de la Factoria de Tabacos décide à l’époque qu’il fallait « habano » pour la production de cigares en provenance de La Havane mais le document n’a pas eu l’écho escompté et le terme de « Havane » est aujourd’hui encore majoritairement utilisé par les amateurs de puros.

On note quelques dates phares dans l’histoire du cigare :

En 1676, la naissance du cigare à Séville, soit tout de même plus de 150 ans après le retour de Christophe Colomb ! Pratiquement 100 ans plus tard, la première manufacture de cigares apparaît aux États-Unis en 1762. Puis c’est au tour de La Havane en 1799 et de la France grâce à Napoléon qui lance la fabrication en 1815.

Date importante en 1817 puisque c’est à cette période qu’est aboli le monopole royale d’Espagne à Cuba entraînant ainsi l’ouverture de centaines de manufactures et donc l’explosion de la production de cigares. D’ailleurs, quelques années plus tard, en 1825 est crée le registre des marques de La Havane. Enfin, au XXème siècle, en 1961 les États-Unis mettent en place un embargo sur Cuba entraînant un déplacement de la production et la création de nouveaux terroirs au Mexique, en Floride, en Jamaïque et à Saint-Domingue.

Constitution d’un cigare :

Alors un cigare, qu’est-ce que c’est ?

C’est un cylindre formé d’une feuille de tabac enroulée en spirale sur d’autres feuilles pliées ou roulées. C’est ensemble se nomme « liga » ou « ligada ». Parfois, il est rempli de feuilles de tabac hachées en petits morceaux lorsque la qualité du cigare est moindre. Le cigare est fumé et apprécié pour ses différents arômes. La partie du cigare portée à la bouche est appelée « pied » et l’autre, du côté de laquelle on coupe le cigare et que l’on porte à incandescence est appelée « tête ».

Un cigare est composé de trois parties :

    • La tripe : il s’agit du cœur du cigare constitué de trois types de feuilles de tabac pliées ensemble et c’est là que réside une grande partie de la complexité d’un bon cigare : choix du tabac, concession entre force, arôme et combustion… De plus, ces feuilles proviennent de différentes parties du plant de tabac tel que :

      • le volado : la feuille qui assure la bonne combustion du cigare, celle-ci provient du pied de tabac.

      • le seco : la feuille qui donne l’arôme d’un cigare, elle provient de la partie médiane du pied de tabac

      • le ligero : la feuille qui donne la force du cigare, elle provient du sommet du tabac.

    • La sous-cape : cette partie fait office de soutient à la tripe. Elle est constituée de deux demi-feuilles enroulées dans un sens opposé l’une à l’autre.

    • La cape : cette partie à vertu plutôt esthétique va enrober le cigare et va bien entendu également influer sur la combustion de celui-ci.

À savoir que, à l’instar de nombreuses substances organiques et végétales, les cigares prennent l’humidité ou la rendent à l’atmosphère ambiante.

champ de tabacLes familles de cigares :

Il existe trois familles de cigares qui tiennent à leur mode de production :

  • Totalmente a mano : La production la plus soignée, la tripe longue « tripa larga » (longue car les feuilles sont entières), la sous-cape ainsi que la cape sont entièrement posées à la main par un torcedor.

  • Hecho a mano : La tripe est courte « tripa corta » et seules la sous-cape et la cape sont posées par le torcedor, la tripe est assemblée dans une machine.

  • Máquina : Ce sont des cigares entièrement faits à la machine, pour les grosses productions ; il s’agit de la moins bonne catégorie de cigare. Il existe deux types de Máquina :

    • Máquina Tripe longue : Cas relativement rare où la feuille est entière

    • Máquina Tripe courte : Les feuilles qui composent la tripe sont hachées et mélangées ; ce sont généralement les chutes de feuilles utilisées pour la conception des « Totalmente a mano » et « Hecho a mano ».

Parlons de capes :

Comme brièvement expliqué précédemment, la cape est l’enrobage du cigare, choisie surtout à des fins esthétiques. Il existe de nombreuses nuances classifiées et la différence entre certaines est parfois à peine perceptible. À Cuba, elles sont répertoriés en 92 nuances de couleur.

    • Claro claro : jaune clair

    • Claro : brune très claire

    • Colorado claro : brune claire à brune or

    • Colorado : brune moyenne

    • Colorado maduro : brune foncée

    • Maduro : brune très foncée

    • Oscuro : brune très foncée, presque noire

Autant dire qu’il s’agit d’avoir un petit peu d’expérience dans le cigare pour parvenir à différencier les catégories alors les nuances…

 

tabacTerroirs et saveurs :

Il existe une multiplicité de terroirs différents qui expliquent les différentes saveurs du tabac et les subtiles variations lors de combinaisons des feuilles de tabac entre elles au sein même d’un cigare.

Principaux terroirs :

Outre l’embargo de 1961 des États-Unis sur Cuba qui a déplacé les cultures de tabac pour cigare alors essentiellement à Cuba vers le Mexique, la Floride, en Jamaïque et à Saint-Domingue, on retrouve également des terroirs au Cameroun, au Brésil, en Indonésie, au Honduras, au Nicaragua et en République dominicaine. Cependant, la fabrication de Cuba reste aujourd’hui encore considérée comme l’une des meilleures existante avec des cigares à la dégustation fine et complexe, et ce même si la production à l’étranger gagne en qualité avec le temps, devient comparable mais pas équivalente.

Les différentes saveurs :

À l’instar d’un bon vin, les cigares possèdent des arômes que l’on différencie avec les termes suivants qui reviennent régulièrement :

    • boisé

    • épicé

    • terreux

    • cuir

    • mielleux

    • végétal

    • floral

Puis ces arômes évoluent par tiers en fonction de l’avancement du cigare : le 1er tier est appelé le « foin », le 2nd le « divin » et le 3e tiers le « purin ».

De même, on dénote sept catégories d’arômes dans la fumée d’un cigare telles que :

    • animal

    • épicé

    • empyreumatique

    • balsamique

    • terreux

    • pâtissier